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Poutres, chevrons, solives : quelle section choisir pour votre charpente ?

Poutre, solive, panne, chevron, bastaing : comment s’y retrouver ?

Vous attaquez un chantier de charpente ou de menuiserie et vous devez préparer votre plan et votre chiffrage. Vous êtes un bon bricoleur ou un auto constructeur mais connaissez-vous tous les noms des pièces de bois et leurs sections ? Moi perso, je me réfère à ce tableau pour être sûr de parler le même langage que mon marchand de matériaux. Récap des poutres et autres sections.

sections bois charpente

De la poutre dans l’œil du voisin…

Du plus petit au plus gros, voici les noms des pièces de bois qu’on utilise en charpente et menuiserie pour la construction. Les sections sont en mm.

Pièce Sections courantes (mm) Usages principaux
Liteau 14×27 / 27×27 / 14×40 Calage, support tuiles/ardoises
Tasseau 27×40 / 40×40 Calage, encadrement, fixation
Lambourde 40×60 Structure légère, doublage, ossature
Chevron 50×70 / 63×75 / 75×75 / 75×105 Charpente, ossature, doublage plancher bois
Volige 15 mm ou 18 mm, largeur variable Couverture toiture, habillage, paroi légère
Planche 27 mm ou 40 mm, largeur variable Clôture, étagère, structure, tous usages
Poinçon 150×150 / 200×200 Charpente (pièce verticale centrale)
Solivette 32×160 / 27×155 Sol, doublage, plancher léger
Solive 55×155 Sol, plancher, structure porteuse, étage
Bastaing 63×175 / 65×205 Plancher, charpente, sol porteur
Madrier 75×205 / 75×225 / 105×225 / 100×200 Plancher, charpente, sol porteur, structure mob
Panne 100×300 Charpente, plancher lourd
Poutre Non calibrée, taillée dans un tronc Charpente, structure principale

noms des pièces d'une charpente

Par AA — Travail personnel, CC BY-SA 3.0

Les noms des pièces de bois d’une charpente

On retrouve certains noms de la liste précédente. En partant du bas on aura des pannes, puis perpendiculaire vertical le poinçon. On retrouve encore d’autres pannes ou une poutre selon, le tout recouvert par des chevrons, puis de la volige (option avec volige) et enfin des tasseaux qui tiennent les tuiles.

Pour voir concrètement comment ces pièces s’assemblent sur un vrai chantier — reprise de charpente et pose de sarking — voici ce que ça donne en pratique :

Retour d’expérience : ce qu’on apprend sur les sections quand on rénove soi-même

J’ai eu l’occasion de faire pas mal de travaux de charpente en rénovation — pas en tant que charpentier, mais en tant que bricoleur qui doit se débrouiller. Voici ce que j’aurais aimé savoir avant :

Chevrons bouffés par les xylophages : quand on remplace des chevrons attaqués, on est tenté de reprendre exactement la même section que l’existant. C’est souvent juste, mais attention — les vieilles charpentes ont parfois des sections sous-dimensionnées par rapport aux normes actuelles, surtout si vous prévoyez d’ajouter du poids (sarking, tuiles lourdes). Profitez du remplacement pour prendre la section au-dessus si le budget le permet.

Poutres en I à la place de solives massives : j’ai remplacé des solives massives par des poutres en I et c’est franchement une bonne décision quand on travaille seul. Une poutre en I 45/200 pèse infiniment moins qu’une solive 55×155 de même longueur — la manipulation en solo devient possible là où il aurait fallu être deux avec du bois massif. Résistance identique voire supérieure, flexion maîtrisée.

Doubler une ferme avec du lamellé collé 80×160 : sur une ferme qui avait bougé, j’ai doublé avec du lamellé collé 80×160. L’avantage du lamellé sur le bois massif ici : les sections sont parfaitement calibrées et droites, pas de surprise sur la géométrie. C’est ce qu’il faut quand on travaille sur de l’existant tordu.

Mise à niveau d’une charpente affaissée pour sarking : c’est le chantier le plus délicat. Avant de poser les panneaux sarking, il faut une surface parfaitement plane — donc rattraper les chevrons qui ont bougé. La section des cales de rattrapage dépend de l’ampleur de l’affaissement : mieux vaut être généreux et travailler au cordeau.

Les bois transformés

On ne peut pas dans ce glossaire oublier les bois transformés, de plus en plus utilisés pour la charpente : poutres en I, lamellé collé.

Voici quelques sections très courantes, sachant que pour ces produits, la particularité est justement que toutes les sections sont quasi possibles sur commande. Sans parler des longueurs où on peut atteindre des sommets !

Poutre en I — sections courantes en mm :

Largeur âme (mm) Hauteurs disponibles (mm)
45 200 / 220 / 240 / 300 / 360
60 200 / 220 / 360 / 500
90 200 / 300 / 360 / 500

Lamellé collé — sections courantes en mm :

80×240, 80×280, 90×225, 90×270, 90×320, 90×360, 90×400, 120×280, 120×320, 120×360, 120×400, 120×440, 120×480, 140×240, 140×360, 140×400, 140×440, 140×520

Ces poutres transformées peuvent atteindre des longueurs jusqu’à 13 m — ce qui change complètement ce qu’on peut faire en auto-construction sans joint ni assemblage intermédiaire.

abaque solivage

Abaque plancher

Abaque solivage : comment calculer la bonne section

Les abaques de solivage, c’est la méthode pour calculer la dimension des entraxes et la section des solives ou des poutres en fonction de la charge des charpentes ou des planchers. En gros : quelle section de solive mettre avec quelle portée entre deux appuis, idem pour les chevrons.

Chaque poutre, solive, bastaing peut encaisser selon l’essence de bois une charge plus ou moins lourde. Pour éviter tout fléchissement on calculera en fonction de l’usage prévu (plancher léger ou lourd, type de toiture) la charge maximum et donc la section à retenir.

Exemple concret : un plancher courant est prévu pour supporter 120 à 150 kg/m², charges constantes et occasionnelles additionnées. Prenons un solivage courant de 76×200 mm : la résistance entre deux appuis pour du bois résineux est de 1 600 kg à 2 m et de 620 kg à 4 m.

Votre pièce mesure 4×5 m soit 20 m², sur lequel on répartit 150 kg/m², soit potentiellement 3 000 kg en charge constante. En mettant 5 solives 76×200 mm sur la partie 4 m, vous auriez un entraxe de moins d’un mètre — ce qui peut sembler suffisant sur le papier. Mais le bois est élastique : même si votre sol ne cède pas, l’effet trampoline se fera sentir. L’entraxe devrait être entre 40 et 42 cm.

À retenir : ne raisonnez pas uniquement en résistance à la rupture, raisonnez en rigidité. Un plancher qui fléchit sans casser n’est pas acceptable non plus. Chaque fabricant de poutre lamellé, poutre en I ou marchand de matériaux peut vous calculer l’abaque — n’hésitez pas à leur demander.

poutre en I steico

Poutre en I Steico

Quelle est la différence entre un chevron, une solive et une panne ?

Le chevron court parallèlement à la pente du toit et supporte la volige ou les liteaux. La solive est horizontale et supporte un plancher. La panne est une poutre horizontale de charpente posée sur les murs ou les fermes, sur laquelle reposent les chevrons. Des pièces différentes, des sections différentes, des usages bien distincts.

Quelle section de chevron pour une charpente classique ?

Les sections courantes sont 50×70, 63×75, 75×75 et 75×105 mm. Le choix dépend de la portée entre pannes et du poids de la couverture. Pour une toiture en tuiles lourdes avec un entraxe de 60 cm entre pannes, le 75×105 est une valeur sûre. Pour de l’ardoise légère ou du bac acier sur de courtes portées, le 63×75 suffit souvent.

Poutre en I ou bois massif : que choisir pour un plancher ?

La poutre en I est plus légère, parfaitement rectiligne et offre une meilleure résistance à la flexion que le bois massif de section équivalente. Elle est idéale quand on travaille seul (manipulation facilitée) et pour les grandes portées. Le bois massif reste plus facile à couper, assembler et ajuster sur chantier sans outillage spécifique.

Comment choisir la section d’une solive pour un plancher d’étage ?

Partez de la portée entre appuis et de la charge prévue (150 kg/m² pour un plancher courant). Consultez les abaques de solivage fournis par votre marchand de matériaux ou le fabricant de poutres. La règle empirique : hauteur de solive ≈ portée en cm / 20. Pour une portée de 4 m, une solive de 200 mm de hauteur minimum. Et visez un entraxe de 40-50 cm, pas plus — le confort au pas compte autant que la résistance pure.

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