low tech

Les Low-tech, une démarche durable qui progresse lentement

S’il est encore trop tôt pour parier sur l’avenir des low-tech, les aspirations technologiques nées de la décroissance regorgent d’inventivité. Bien que décriées par les défenseurs d’ultra-technologie, ces alternatives au high-tech ont pour elles de nombreux atouts. Et la démarche, dans un monde lessivé où le chacun pour soi l’emporte, fait de plus en plus d’adeptes. Zoom sur quelques-unes de ces innovations simples et pratiques bonnes pour la planète.


Les low-tech, c’est quoi finalement ?

Vous l’avez bien compris : le low-tech s’oppose dans les termes au high-tech. Même si aucune définition officielle n’existe pour l’instant, le terme parle de lui-même. Tout le monde a une vague idée de quoi il s’agit. D’autant plus que les mouvements ‘low’ ou ‘slow’ se multiplient depuis quelques années : slow money, slow food, slow economy, slow management, slow made…

La low ou slow-tech nous invite tout simplement à la sobriété technologique. Et à une réflexion plus globale, à l’instar de tous les mouvements ‘slow’, sur le bonheur et l’avenir de la planète. Elle s’inscrit dans un courant de pensées mené, entre autres, par P. Rabhi (La Sobriété Heureuse). Inquiets et investis, N. Hulot et F. Lenoir refusent quant à eux de se résigner. Ils pensent qu’ « Un autre monde est à notre portée. Un monde fondé sur l’humilité, la sobriété et le partage’… » (‘D’un Monde à l’Autre’).

Peu exigeante en technicité, la low-tech est accessible à tous. Faible en coût énergétique et recyclable, elle limite son impact environnemental. Durable et facilement réparable, elle répond à nos besoins primaires (ou essentiels).

Donner au plus grand nombre l’envie de vivre responsable (en accord avec les autres et l’environnement) est une gageure aujourd’hui pour les acteurs slow.

 

Comment adopter la low-tech attitude ?

Réduire peu à peu l’importance de la technologie dans nos vies.
Ne pas se laisser contrôler par elle.
Adopter un mode de vie plus ‘connecté’ à la nature.
Utiliser des solutions peu technologisées et plus durables (solaire, éolienne, géothermique, hydraulique….).

Pour dépenser le moins d’énergie possible, le DIY avec des matériaux de ‘récup’ est de mise en matière de low-tech. Tant mieux, en plus vous ferez des économies ! Voici quelques exemples tout simples à mettre en œuvre et qui fonctionnent.

 

Rafraîchisseurs d’air ou clim maison transportables

Placer une bouteille d’eau congelée devant un ventilateur.
Grande bouteille d’eau + petite bouteille d’eau + ventilateur et transformateur de pc (12 v).
Faire congeler des petites bouteilles d’eau. Pendant ce temps, découper sur le côté haut de la grande bouteille un carré sur 3 côtés qui correspond à la taille du ventilateur (conserver le haut du carré pour faire un rabat qui permet de renvoyer la fraîcheur). Isoler les câbles du ventilateur avec de la colle pour l’étanchéité.

Placer la petite bouteille dans la grande bouteille. Mettre en route. Procéder de même avec une bonbonne d’eau + des petites bouteilles d’eau.
Autre option : avec des briques de lait et des glaçons.
Même idée avec un panier à salade + batterie 9 v reliée à un ventilateur de pc.
Découper le couvercle au milieu avec un cutter à la taille du ventilateur. Découper une ou plusieurs sorties d’air (tuyau recourbé pvc). Collez. Ajoutez la pile et enfin les glaçons.
Autres idées : avec une glacière plastique ou polystyrène + un ventilateur pc relié à une pile 12 volt ou un petit système solaire.

 

Four solaire

four solaire
four solaire

© SylvainMaire, Flickr, cc by sa 2.0 

Matériel :

Boîte à pizza en carton (ou boîte à chaussures…),
aluminium ménager,
sac plastique robuste (sac congélateur par exemple),
journaux et papier noir,
cuillère en bois (ou petit tasseau…),
scotch (ou colle), ciseaux ou couteau, règle,
thermomètre.

Réalisation  four solaire

Couper un carré dans le couvercle de la boîte à pizza sur 3 côtés (laisser environ 3-4 cm entre ce rabat et les bords de la boîte).

  1. Fermer la boîte à pizza et plier le rabat.
  2. Coller sur la face intérieure du rabat du papier d’aluminium.
  3. Ouvrir la boîte à pizza et coller 2 épaisseurs de sac plastique sur l’ouverture découpée.
  4. Tapisser le fond de la boîte à pizza de papier noir épais de construction.
  5. Former une bordure de papier journal roulé dans la boîte (bordures zones de cuisson) et scotcher. Attention à cela n’entrave pas la fermeture de la boîte.
  6. Placer le mini-four solaire à l’extérieur au soleil (meilleures heures 11-15h). Faire tenir le rabat avec l’aluminium à 45°C avec la cuillère en bois. Au besoin, mettez des cales (torchon, bout de bois…) sous la boîte pour trouver la meilleure inclinaison par rapport au soleil.
    Ce mini-four est idéal pour réchauffer mais aussi pour faire des hot-dogs, du pain grillé…

Si la température dans ce mini-four augmente doucement, elle peut cependant monter très haut, jusqu’à 200°C. Attention donc en retirant les plats !

Vous avez vérifié que ça marche ? Alors pourquoi ne pas fabriquer un four solaire digne de ce nom pour profiter de cette ressource inépuisable qu’est le soleil ? Si ce mini-four en carton est amusant à fabriquer, notamment avec des enfants, sa durée de vie est limitée. Niveau odeurs et nettoyage, ce n’est pas non plus le top.

Qu’il s’agisse d’un petit ou grand four de type caisson, le principe de la cuisson solaire est identique : création de chaleur par transformation du rayonnement solaire.

Conditions préalables à cette cuisson douce et 100 % durable :

  • Boîte (type panneaux d’aggloméré, tôle…) parfaitement étanche à l’air (laine, fibres végétales, liège… pour les bordures) ; veillez à ne pas utiliser de matériau qui dégage des vapeurs toxiques.
  • Couvercle transparent (idéalement en verre trempé = haute résistance à la chaleur).
  • Parois intérieures réfléchissantes (idéalement des plaques métalliques en aluminium mais aussi des plaques offset, de l’aluminium alimentaire, du film réfléchissant type ‘papier mylar’…).
  • Plaque absorbante métallique noire en fond de cuiseur solaire et ustensiles noirs.
  • Réflecteurs externes perpendiculaires aux rayons du soleil : aluminium anodisé, verre miroir, films miroir…
    Ciel sans nuage.


Purificateur solaire d’eau

purificateur eau
purificateur eau
  • Matériel :
  • eau,
  • sel,
  • saladier,
  • petit verre,
  • emballage plastique,
  • ruban de masquage,
  • poids (caillou…).

Réalisation :
Dissoudre du sel dans un verre d’eau (environ 50 g).
Verser l’eau salée dans le saladier.
Placer le verre dans le saladier (le haut du verre doit être plus bas que le saladier mais au-dessus du niveau de l’eau).
Faire un joint étanche autour du saladier avec le plastique en scotchant les bords.
Placer le caillou sur le verre par-dessus le plastique.
Mettre le tout au soleil plusieurs heures.
L’eau qui se trouve alors dans le verre est bonne à boire.

Pour info : chauffée à plus de 75°C, les agents pathogènes présents dans l’eau sont inactivés. C’est le principe utilisé par Solvaten pour les PVD. Les rayons UV du soleil permettent de détruire la formation de liaisons ADN dans les micro-organismes présents dans l’eau, les rendant inoffensifs.